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Un∙e enfant HPI est un∙e enfant « normal∙e » et c’est le refus ou l’acceptation du haut potentiel  qui va entraîner la dépréciation ou l’accomplissement de soi. C'est le regard que les adultes vont porter sur cette spécificité du fonctionnement cognitif, intellectuel, qui va lui permettre de s'épanouir ou pas.

 

                                                                Sommaire de la page

  • Qu’est-ce que le HPI ?

 

           Critères d’identification :

  • Y a-t-il plus d’enfants HPI qu’avant ?

  • Le haut potentiel  d’un∙e enfant peut-il tout expliquer ?

  • Un fonctionnement différent 

  • Un développement affectif différent 

  • Une relation aux autres plus complexe 

 

  • Comment faire tester mon enfant ?

 

           Quels bilans ?

Les informations à recueillir

Où et qui ?

 

           Et après ? 

  • Quels sont les accompagnements possibles ?

  • Les ressources scolaires

  • Le∙la  psychologue, quand et comment ?

  • Les associations de parents

 

  • Et l’école, le collège ou le Lycée

  • Quelle école pour mon enfant ?

  • Comment établir une bonne collaboration avec l’école de mon enfant ?

 

          Se documenter :

  • Bibliographie

 

                                                                         Développement

Qu’est-ce que le HPI ? :

 

Critères d’identification :

  • Aiment rechercher des informations et lire beaucoup.

  • Présentent une forte curiosité intellectuelle, avec une recherche de sens et de liens de causalité, les amenant à poser et à se poser continuellement des questions.

  • Ne supportent pas d’apprendre par  cœur et recherchent les liens logiques entre les connaissances.

  • Ont un très fort sens critique, leur permettant de justifier leurs actes à posteriori et d’intervenir dans des conversations de façon très pertinente.

  • Sont en mesure de synthétiser et de conceptualiser des connaissances, appréciant les activités intellectuelles et le contact avec les adultes.

  • Présentent une facilité d’élocution et un vocabulaire étendu impliquant un sens de l’humour très développé, ce qui les amène à apprécier les jeux de mots et à en produire de façon spontanée.

  • Sont créatif∙ve∙s et inventif∙ve∙s, appréciant les nouvelles façons de faire les choses et les jeux complexes.

  • Présentent une concentration intense, avec une attention de longue durée dans des centres d’intérêts pourtant très divers.

  • Sont en mesure de produire d’intenses efforts lorsqu’ils∙elles sont motivé∙e∙s par l’objet de travail.

  • Sont indépendant∙e∙s, préférant travailler seul∙e∙s, ceci dérivant de leur frustration des relations avec les autres enfants de leur âge.

  • présentent  une grande sensibilité à l’injustice.

 

 

Souvent, les enfants HPI  présentent un problème lié à la dysynchronie : décalage entre l’intelligence et l’affectivité, impliquant une difficulté d’adaptation à l’école, en famille et avec les autres enfants.

Cf. Jean Charles TERRASSIER

En outre leur affectivité et  leur organisation cognitive sont chez eux∙elles étroitement mêlées.

 

 

  • Y a-t-il plus d’enfants Haut potentiel intellectuel qu’avant ?

Ils∙elles sont environ 300 000 en France, soit, sur le plan statistique, un à deux par classe. Un certain nombre connaît des troubles du comportement, des problèmes relationnels et, paradoxe du HPI, des difficultés scolaires. La moitié affiche en effet des difficultés d'apprentissage, et 30 % n'atteignent pas le lycée  général,  technologique ou professionnel.

Il n’y a pas plus d’enfants HPI qu’avant, mais ceux∙celles-ci sont mieux identifié∙e∙s car mieux repéré∙e∙s. Grâce au travail des associations de parents, face à un enfant en difficulté dans le contexte scolaire, on constate de réels progrès dans la prise en charge de leur spécificité. Il reste pourtant beaucoup à faire.

  • Le haut potentiel d’un∙e enfant peut-il tout expliquer ?

Lorsqu’un.e enfant rencontre une difficulté spécifique et qu’une identification de haut potentiel a été effectuée, il faut être vigilant∙e à ne pas tout ramener sur cette particularité. Prendre en compte le HPI avec ses spécificités est important mais ne doit en aucun cas être un frein au diagnostic d’une pathologie autre (dépression, troubles anxieux…).

 

Un∙e enfant. HPI peut ainsi présenter une problématique spécifique des apprentissages (multidys) qu’il sera important d’identifier afin de pouvoir apporter une aide appropriée et planifiée dans le temps. Cela implique que l’aide apportée doit se faire en fonction de la, ou des problématiques présentes avant d’intégrer la caractéristique HPI.

 

  • Un fonctionnement différent :

Les enfants HPI vont présenter :

                        * Une hyper vigilance émotionnelle, car le monde présente toujours pour eux∙elles un risque potentiel qu'il faut pouvoir anticiper pour s'en prémunir. Cette hyper vigilance émotionnelle, couplée à une analyse constante des situations dans lesquelles elles sont prises, va rapidement amener l'enfant dans un état d'épuisement psychique.

                        * Un épuisement plus rapide que les autres : ils∙elles peuvent ainsi être sujets à des moments d’abattement physique et psychologique très importants.

 

Sur le plan intellectuel, l’évaluation des compétences de l’enfant va permettre d’identifier la forme d'aisance intellectuelle qui est présente. Nous trouvons ainsi une forme :

  • « déductive » : les enfants déductif∙ve∙s se perdent dans leurs déductions, et cherchent systématiquement à identifier la voie la plus fiable et la plus cohérente pour solutionner un problème. Toutefois pour le faire, ils∙elles vont imaginer toutes les solutions possibles pour le résoudre avant d'en choisir une.

  • « intuitive » : ces enfants rencontreront essentiellement des difficultés au niveau du collège puisque le système pédagogique va solliciter les compétences explicatives que met en place tout∙e adolescent∙e. Or les enfants intuitif∙ve∙s ont bien ces compétences dans leur pensée, mais ils∙elles n'ont jamais été appelé∙e∙s à les utiliser.

 

Ces deux formes d'aisance intellectuelle de la pensée peuvent toutes deux présenter des écueils pour l'adaptabilité cognitive du sujet à l'univers scolaire.

 

Un développement affectif différent :    

         Tous∙toutes  vont manifester  une hypersensibilité, qui est certes un atout pour comprendre le monde,   

      pour se mettre en phase avec les autres, mais qui peut générer une souffrance gigantesque si l'enfant ne

      trouve pas de guide pour grandir, s'il­∙elle ne trouve pas une personne qui puisse l’aider à se servir de

      cette compétence.  Cette hypersensibilité est un bouillonnement constant qui envahit l'ensemble de la

      personnalité des enfants et qui les conduit à vivre avec des sensations exacerbées, allant d'un amour

      absolu, d'une fusion complète, à un rejet total, ou à une haine destructrice.

          Un décalage important entre leur niveau de maturité intellectuelle et leur développement affectif. Si,            en effet, leur pensée peut analyser, structurer tout un ensemble de raisonnements grâce à des

      compétences qui les situent au-delà de ce que pourrait fournir un enfant de la même classe d'âge, il n'en

      va pas de même sur le plan affectif. L'affectivité se développe en fonction des expériences qui sont

      vécues, et un∙e enfant de quatre ans ne pourra avoir qu’une expérience affective d'un.e enfant de quatre

      ans.

          Une fragilisation de la sphère affective : une grande vulnérabilité, une grande solitude émotionnelle     

      (avec souvent des doutes importants sur sa façon d'être, sa façon de penser, son identité), et

      globalement un∙e enfant beaucoup plus fragile que les autres. Ce dernier point va entrainer la nécessité

      de protéger cet∙te enfant d’une façon beaucoup plus importante.

 

Un des risques très important sur le plan affectif pourra être la construction d'un faux « self » (Il∙elle donne à voir une fausse image de lui∙elle-même qui permet de s'adapter aux autres mais qui l’éloigne de la réalité de sa véritable personnalité.)

  • Une relation aux autres plus complexe :

Les « autres » sont très intéressant∙e∙s puisque les plus âgé∙e∙s peuvent apprendre quelque chose, parce qu’ils∙elles disposent de clés pour les aider à comprendre le monde dans lequel ils.elles vivent. Mais des difficultés importantes sont présentes dans le sens d’une identification aux pair∙e∙s plus complexe et difficile à mettre en place.

Cette difficulté est d'autant plus présente à l'adolescence puisqu’il s’agit d’une phase accrue d'identification aux autres et d'affiliation au groupe. Or, parce qu’il∙elle se sent différent∙e des autres depuis sa plus tendre enfance, son décalage par rapport à ces « autres » va paradoxalement s’accentuer. Des attitudes, des comportements, la représentation d'une certaine marginalité vont donc se développer. Ce qui peut impliquer :

  • Un ressenti déstabilisant : les autres sont tous pareils, moi je suis différent∙e, c'est donc que quelque chose ne va pas dans ma tête.

  • Des angoisses de plus en plus importantes : angoisses qui vont émerger chez un∙e enfant présentant une aisance intellectuelle non dépistée, pouvant aller jusqu'à des pics qui nécessitent la mise en place de traitements, voire l'hospitalisation.

  • Un ressenti de maltraitances psychologiques : maltraitances qui peuvent être extrêmement importantes, et qu’il ne faut pas minimiser, ou éluder, comme si elles n'existaient pas.

 

Ces enfants ont donc besoin d'une personne qui puisse faire le lien entre eux∙elles et les autres. Ils∙elles se sentent ainsi beaucoup plus proches des adultes que des autres enfants. L'empathie qui les caractérise aussi, est une sorte de cordon qui va relier deux affects, et qui va leur permettre de partager et de comprendre ce qu'un∙e autre ressent. Mais si cette compréhension n'est pas étayée par la présence rassurante de l'adulte, ils∙elles se retrouvent en permanence dans un état de vigilance vis à vis des autres. Des anticipations anxieuses vont apparaître, et l'insouciance, caractéristique de l'enfance, n’existe que partiellement dans leur pensée.

 

Comment faire tester mon enfant ?

 

  • Quels bilans ?

Cette reconnaissance est très importante, car le haut potentiel est avant tout une histoire de famille. Il est important que l’enfant puisse être aidé∙e et accompagné∙e dans la mise en place d’un cadre cohérent qui participe  à son épanouissement.

 

Un diagnostic n’est jamais une fin en soi ; il est un point de départ pour coordonner les actions des différents protagonistes qui environnent cet∙te adulte en devenir, et pour positionner un guide qui pourra être présent en cas de nécessité à chaque étape du développement.

 

L’aisance intellectuelle ne préserve pas de la présence, en parallèle, d’un possible dysfonctionnement cognitif (dyslexie, dysorthographie), mais elle permet de camoufler la présence de ce trouble, l’enfant parvenant à compenser pendant un temps grâce à sa mémoire. Tout∙e enfant ayant une aisance intellectuelle peut présenter une problématique multifactorielle, ce qui implique que l’aide apportée doive se faire en fonction de la, ou des problématiques présentes avant de prendre en compte son aisance (ceci notamment dans le cadre des sauts de classe).

 

S’il est évidemment souhaitable de repérer et détecter un∙e  enfant le plus tôt possible,  il∙elle peut cependant être identifié∙e HPI à tout moment de sa scolarité.

 

La WPPSI-IV

(échelle d’intelligence de Wechsler pour la période préscolaire et primaire, forme révisée en 2014)

Age : de 2 ans 6 mois à 7 ans 7 mois

Domaine d’examen : comporte une échelle verbale et une échelle de performance

Passation : individuelle

Temps de passation : 1 heure 30

 

Le WISC-V

(échelle d’intelligence de Wechsler , forme révisée en 2016)

Age : de 6 ans à 16 ans 11 mois

Le WISC-V est le test d'intelligence pour enfants et adolescent∙e∙s qui possèdent la plus grande validité scientifique. Il permet de déterminer le Quotient Intellectuel (QI) de l'enfant ou de l'adolescent∙e si le profil est homogène et d'obtenir son profil cognitif complet ainsi que le niveau des 5 composantes principales de l'intelligence cognitive :

Ces tests permettent :

  • la comparaison avec des résultats d’enfants de même âge réel (résultats globaux ou intra-subtest)

  • le diagnostic de l’efficience de certaines facettes de l’intelligence

 

Une fois le test passé, il n’est plus possible de faire une seconde passation avant deux ans, car un phénomène de mémorisation des épreuves pourrait altérer la fiabilité des résultats.

Il est nécessaire de pouvoir disposer d’une synthèse écrite des commentaires du.de la psychologue ayant fait passer l’évaluation.

 

  • Où et qui ?

Le∙la psychologue scolaire à l'école primaire

Le∙la psychologue de l’éducation nationale au collège ou au lycée

Un∙e Psychologue  ou neuropsychologue du secteur libéral.

 

  • Et après le dépistage quels sont les accompagnements possibles ?

 

Les ressources scolaires :

  • Le∙la directeur∙rice d’école,  ou le∙la principal∙e du collège ou le∙la proviseur∙e du lycée seront vos premiers interlocuteurs∙trices.

  • Avec les enseignant∙e∙s et vous-mêmes,  ils∙elles  étudieront les modalités d’accompagnement de votre enfant.

  • Les CPE : Conseiller∙ère Principal∙e d’Education.

  • AESH : Accompagnant∙es d’Elèves en Situation de Handicap.

  • L’assistante sociale peut parfois aider à la prise en charge.

  • A leurs côtés, peuvent intervenir si besoin, les personnes ressources que sont : le médecin ou l’infirmier∙ère scolaire, un∙e psychologue à l’école primaire, le∙la psychologue de l’éducation nationale au collège ou au lycée. Un projet spécifique, par exemple un PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Educative) pourra alors être mis en place avec l’équipe éducative.

  • Les psychologues, quand et comment ?

Suite à un bilan ayant permis de repérer un∙e enfant HPI, un suivi peut être proposé. Ce suivi se doit d’être ciblé avec des axes d’accompagnement bien définis. Si vous ne savez pas vers quel professionnel vous tourner, les associations de parents d’HPI sauront vous conseiller.

  • Les associations de parents d’HPI:

Elles sont une ressource précieuse aux côtés de l’Ecole pour vous aider et vous accompagner.

  • Et moi, en tant que parent, comment puis-je aider mon enfant ?

 

Vous pouvez solliciter l’aide et les conseils d’un∙e professionnel∙le, et dans tous les cas :

 

  • Accorder à votre enfant un réel temps d’écoute pour comprendre ce qu’il∙elle vit.

  • Éviter les réponses toutes faites, les réassurances factices.

  • Ne pas chercher « l’exploitation » du potentiel au détriment des besoins affectifs forts de l’enfant et de l’adolescent∙e HPI. Certes ces enfants ont besoin d’utiliser leur fort potentiel intellectuel même s’ils∙elles ont le sentiment que leur réussite scolaire n’en dépend pas.

  • La dimension affective : c’est bien souvent en aidant l'enfant à structurer ce domaine de sa personnalité que l'on aura un impact sur son mieux-être.

  • Construire une image juste de sa personne : ne jamais considérer ses capacités en dessous de ce qu’elles sont.  Veiller cependant à ne pas  l’enfermer dans sa différence.

  • Le∙la  protéger des dysfonctionnements familiaux : Il y a un risque qu’il∙elle endosse la responsabilité des problèmes.

  • Comme tout enfant, il∙elle a besoin de guides et de limites pour grandir.  La cohérence et la fiabilité du tissu relationnel adulte sont  donc essentielles à son bon développement.

  • Le∙la protéger contre ses propres débordements.

  • Maintenir  des contacts réguliers avec les équipes pédagogiques.

 

 

Et l’école, le collège ou le lycée ?

 

  • Quelle école pour mon enfant ?

Olivier Revol : La meilleure école pour un enfant sera toujours l’école de proximité ou l’établissement de secteur. Avant de penser à faire appel à un dispositif d’accueil spécifique pour enfant à haut potentiel, il convient de pouvoir déjà travailler avec l’équipe d’enseignant∙e∙s que votre enfant rencontre.

Si toutefois des difficultés devaient apparaître, il est préférable de contacter le∙la correspondant∙e en charge du dossier HPI  de votre département ou le∙la correspondant∙e académique.

 

 

  • Pourquoi  établir une bonne collaboration avec l’école, le collège, le lycée  de mon enfant ?

  • Face à  l’échec et aux difficultés comment les dépasser ? les surmonter ? que faire ?
    Personne n’aime l’échec l’important c’est de le dépasser.

 

Comme tous∙tes les enfants, les HPI  ont besoin de la cohésion entre adultes. Le dialogue régulier entre la famille et l’Ecole est rassurant.

  • Se faire aider  et pour cela accepter de l’aide d’autrui.

  • En parler, repousser la peur, avoir confiance en soi, en ses capacités et reconnaître ses difficultés. Essayer de trouver des solutions, travailler, approfondir. Prendre son courage à deux mains car parfois c’est dur et long.

  • Se faire aider par les spécialistes, cela dépend de la problématique.

  • Le haut potentiel intellectuel est d’abord un atout il ne faut pas en faire une maladie mais faire en sorte que cela ne devienne pas un handicap.

  • Plusieurs protocoles et aménagements  existent actuellement pour venir en aide et faire des adaptations pédagogiques selon le rythme d’apprentissage et les besoins de l’enfant.

 

  • Se documenter

Ressources d’accompagnement pédagogique : scolariser les élèves intellectuellement précoces.

Vademecum scolariser un∙e enfant à haut potentiel :

EDUSCOL Septembre 2013

 

Et aussi : La MALLETTE des PARENTS (site Ministère Éducation Nationale) : Accompagner ensemble les enfants vers la réussite/Les enfants à haut potentiel

 

https://www.education.gouv.fr/la-mallette-des-parents-au-numerique-323786

Vous pouvez nous consulter à tout moment pour vous accompagner et pour toute question relevant du domaine HPI